Site Sergent-Prolac

Site Sergent-Prolac

Lundi 10 septembre 2018
Thème : Aménagement, Projets

Résultats des fouilles archéologique sur le site Sergent-Prolac

Septembre 2018

Résultats du chantier de fouille archéologique

Les travaux concomitants de dépollution et de fouilles archéologiques sur l’ancien site industriel Sergent Prolac, rue Barabin, se sont achevés dans l’été, avant le début des travaux pour l’installation de la nouvelle résidence séniors. Une demande de subvention au titre du Fond National d’Archéologie Préventive a été adressée à la DRAC par l’Etablissement Public Foncier Nouvelle Aquitaine, maître d’ouvrage des travaux.

Madame VACHER, archéologue pour l’Inrap, chargée du chantier de fouille, explique ce que son équipe a découvert.

En effet, localisé entre le castrum, mentionné dès 992, et l’ancienne seigneurie de Barabin, dont la famille éponyme est connue par les textes à partir de 1109, le site de la rue Barabin a fait l’objet d’une fouille archéologique qui a débuté le 25 avril 2018 pour s’achever le 27 juillet 2018.
Cette intervention fait suite à un diagnostic archéologique réalisé en 2016 sur des terrains ayant abrité, des années 1950 à 2000, une usine de peintures, cires d’enrobage pour le fromage et ferments lactiques.

L’intervention avait alors mis en évidence une occupation dense de la parcelle du IXe au XIVe siècle. Les vestiges se présentent sous la forme d’une multitude de creusements, fosses, trous de poteau, silos et fossés, vestiges d’un quartier d’habitat dont la majorité des constructions sont sur poteaux de bois.

La partie nord de la parcelle est occupée, quant à elle, par de vastes carrières d’extraction de calcaire dont le comblement livre lui aussi du mobilier de la fin du Moyen-Âge. Au sud-est, une série de murs appartiennent, très vraisemblablement, à un habitat visible sur les plans du début du XVIIIe siècle, mais qui pourraient avoir une origine, elle aussi, médiévale.

Ces vestiges médiévaux sont en tout point similaires et synchrones avec ceux mis en évidence autour de l’enceinte castrale en 2015 et l’on peut préjuger d’une continuité de l’occupation à la période médiévale du château jusqu’à la maison noble de Barabin (de l’autre côté de la rue, face à la fouille). Il est à noter que cette dernière se situe exactement au droit de la porte ouest du château et qu’entre ces deux entités se situe le site en cours de fouille.

Ce quartier médiéval se développe donc vers l’ouest de la ville actuelle, le long de la Gères, dont le cours a été ponctuellement dérivé pour alimenter les douves du château d’une part, et la roue d’un moulin d’autre part (à l’emplacement de l’actuelle école Jeanne d’Arc). Dans ce secteur, mais un peu plus au nord, se situe également le chemin rochelais permettant les échanges entre l’arrière-pays aunisien et la côte atlantique via la Ville de La Rochelle.

Une première phase d’occupation concerne la période Xème-XIIème siècle

Les structures en creux paraissent s’organiser par secteurs, séparés par des fossés. Ainsi, il a été mis en évidence au sud-est de l’emprise des batteries de très grands creusements dont certains peuvent être des silos (structures de stockage du grain). Au sud de l’emprise, un secteur abrite une grande quantité de trous de poteau qui dessinent d’ores et déjà au moins trois bâtiments.

D’autres secteurs, notamment à l’ouest, recèlent des structures riches en pierres brulées et charbon de bois. La faune, mammifères, oiseaux, coquillages marins et poissons, est très présente ainsi que la céramique et les objets divers (mortier en pierre décoré, pierre à aiguiser, éperon, outils, fers d’équidés, monnaie…).

Une seconde phase concerne le bas Moyen-Âge (XIIIème-XVème siècle)

Un bâtiment est installé en partie sur la batterie de silos de la zone nord-est. Plus au nord, une grande construction rectangulaire est composée d’au moins deux pièces parallèles possédant toutes deux les traces d’un foyer adossé.

Les bâtiments sont attribués à ce stade de l’étude à une phase chronologique comprise entre le XIIIe et le XVe siècle. Les remblais d’abandon indiquent le début du XVIe siècle.

Une grande cave occupe un vaste espace au nord du site. Elle a été arasée au niveau de la partie supérieure des murs et des éléments appartenant à un arc de porte ont été mis au jour. Cet espace se décompose en trois parties, d’une part, un vestibule avec escalier d’environ 8 m², puis une grande salle d’environ 50 m² et, finalement, un couloir desservant des alvéoles disposées symétriquement par rapport au couloir servant d’espaces de stockage. Le comblement a pour origine, au moins partiellement, la destruction des constructions qui devait la surmonter. La chronologie indique une construction du XIIIe abandonnée au XVIIe siècle. L’histoire de cet ensemble est néanmoins complexe et l’étude du mobilier céramique ainsi que celle des relations stratigraphiques entre les maçonneries permettra d’affiner ces premières conclusions.

Diverses fosses de très grande taille (plus de 3 m de diamètre et une profondeur supérieure à 3.30 m pour l’une d’entre elles) pourraient être en relation avec une activité d’extraction de calcaire.

À ce jour, hormis la phase d’abandon qui paraît intervenir au début de la période moderne, tous les vestiges ont une origine médiévale. Les recoupements sont nombreux et témoignent d’une intense occupation de ce secteur de la ville.

La phase de terrain sera suivie d’une étude détaillée des vestiges avec pour objectif de mettre en évidence une évolution chronologique du quartier et ses liens avec les pôles de pouvoir voisins que constituent le château et le fief Barabin. Les résultats obtenus devraient permettre d’engager une réflexion globale sur la topographie médiévale de la ville de Surgères et d’essayer de comprendre les origines du bourg ainsi que sa place dans le paysage socio-économique local et régional.

 

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